Les Anciens du Stade de Reims

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Abdallah Azhar,

Par vincent • 31 jan, 2016 • Catégorie: Ils nous ont quitté ...

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Abdallah Azhar n’est plus… Il s’en est allé, dimanche 13 décembre 2015, rejoindre beaucoup d’autres étoiles du Stade de Reims qui ont écrit, durant tant d’années, la glorieuse légende du club champenois. Une longue et cruelle maladie, dont on n’ose à peine dire le nom, a fini par le terrasser dans sa 76ème année, chez lui, à Casablanca, entouré de ses plus fidèles amis.

Alain vous propose son portrait …

L’annonce de sa disparition laissera un grand vide chez ses compatriotes, à tel point que le quotidien de Casablanca « le Matin » a titré : « Une étoile du football marocain s’est éteinte ». Il avait porté les couleurs du Wydad de Casablanca, dans sa jeunesse, avant de signer au Stade de Reims en juillet 1958. Deux autres espoirs du football français le rejoignaient en Champagne, Guy Sparza (18 ans) vainqueur du concours du jeune footballeur en 1957 et Robert Bérard (19 ans) venu tout droit d’Aix-en-Provence, club de Division 2.

azhar-1961-1962

Ces trois jeunes recrues allaient donc côtoyer aux entraînements du Parc Pommery et, peut-être, en match, au stade Auguste Delaune, les vedettes si populaires de cette belle époque du football rémois : Colonna, Rodzik, Siatka, Jonquet, Leblond, Penverne, Piantoni, Fontaine et Vincent ! Avec, à la tête de cette équipe exceptionnelle, l’inoubliable Albert Batteux.

Abdallah Azhar va rester quatre saisons au Stade de Reims (1958 à 1962) au cours desquelles il disputera 22 matches et inscrira 12 buts en Division 1. Premier match et premier but aussi, le 10 mai 1959 à Rennes (35ème journée) où Reims obtient le nul 2 à 2 (René Bliard, 6ème mn et Azhar 47ème mn). Dernière rencontre, le 28 mars 1962 à Lyon (31ème j) où les Champenois sont sévèrement battus 4 à 0 !

Joueur élégant, bon technicien, d’une correction absolue sur le terrain, il formera avec son compère, l’excellent et rusé Hassan Akesbi, un duo d’attaquants très efficaces, en particulier le 22 octobre 1961 où tous les deux seront les grands artisans du succès du Stade de Reims, à Lyon, 3 à 1 (2 buts pour Azhar, 1 pour Akesbi).

Champion de France en 1960 et 1962, Azhar jouera aussi en Coupe de France (victoire en 1/8ème de finale le 18 février 1962 contre Sochaux, à Bordeaux et défaite contre Nancy, en quart de finale 0-1, à Paris le 11 mars 1962). Il dispute la finale du Trophée des Champions, le 29 mai 1962, à Limoges contre Saint-Etienne (défaite rémoise 4 à 3, Abdallah remplace Robert Siatka à la 58ème mn). Il est titulaire, en 62/63, lors du quart de finale de la Coupe Charles Drago, perdu contre l’A.S. Monaco 3 buts à 1.

La belle aventure sous les couleurs « rouge et blanc » s’achève, Abdallah Azhar s’engage avec la formation de Grenoble, dirigée par un de ses anciens joueurs, Albert Fornetti. Azhar sera titularisé à 7 reprises durant la saison 62/63 et marquera 1 but contre Toulouse, à la 70ème mn, lors de la 3ème journée (victoire du T.F.C. 4 à 2). Hélas, en fin de saison, les Isérois sont relégués en deuxième division avec Nancy, Montpellier et Marseille.

Les deux années suivantes, Abdallah disputera 38 rencontres et inscrira 10 buts . Ce sera l’occasion pour lui de retrouver un certain….. Albert Batteux comme entraîneur ! Ce Grenoble, version division 2 avait fière allure, avec dans ses rangs de sacrés bons éléments : Raymond Abad, le gardien, Joseph Donnard, Louis Desgranges, François Ludo, Roland Guillas et Michel Perchey, entre autres…..

A l’issue de la saison 1964/1965, Abdallah Azhar retourne chez lui, au Maroc. Il évolue alors dans diverses formations : le Maghreb de Fès, le TAS de Casablanca (dirigé par une grande figure du football marocain, Larbi Zaouli), ainsi que le très réputé RAJA de Casablanca auquel il consacrera toute son énergie pour la prospection et la détection de jeunes talents, jusqu’à la fin de sa vie.

On ne saurait passer sous silence sa brillante carrière avec l’équipe du Maroc : 30 sélections entre le 15 mai 1960 (match amical Maroc-Espagne 3 à 3, entraîneur, le « grand » Larbi Ben Barek) et le 6 mars 1966 ( victoire du Maroc contre l’Algérie 1 à 0, rencontre amicale également).

Beaucoup de ses coéquipiers en équipe nationale étaient des footballeurs confirmés qui opéraient à cette époque, dans des clubs français de première division, en particulier, Hassan Akesbi (Nîmes), Mohamed Khalfi (Alès), Mustapha Bettache (Nîmes), Ahmed Tibari (Racing de Paris) et l’incomparable technicien qu’était Abderrahmane Mahjoub (Nice, Racing de Paris, Montpellier).

Abdallah Azhar a marqué 3 buts pour le Maroc (le 30/10/1960 à Casablanca, Maroc-Tunisie 2-1, 1 but sur penalty à la 60e, le 22/01/1961 à Palerme, Maroc-Tunisie 1-1, 1 but à la 35e et, enfin, le 10/12/1961 à Casablanca – match amical – Maroc-Allemagne de l’Est 2-0, 1 but à la 22e). A noter que cette dernière rencontre était dirigée par le Français José Barberan, un de nos très bons arbitres des années 60.

Le dernier hommage qu’on peut lui rendre est le témoignage émouvant de son ami Hassan Akesbi extrêmement touché par le décès de celui qu’il considérait comme un frère. L’ancien attaquant du Stade de Reims souligne aussi l’estime générale accordée au très humble et sympathique Abdallah Azhar avec qui il a partagé beaucoup de très bons souvenirs, qu’il n’est pas près d’oublier.

L’inhumation du regretté joueur marocain a eu lieu au cimetière Arrahma de Casablanca, en présence de très nombreux amis et anciens footballeurs du Wydad, du Tas et du Raja, les derniers clubs de sa carrière professionnelle bien remplie et très réussie.

Quleques photos …

Abdallah Azhar avec le célèbre maillot rémois des années 60. Lors d’un match où la neige s’était invitée !…

Brahim Tajly et Abdellah Azhar (à gauche sur la photo) coéquipiers au Raja de Casablanca, en 1969.

Brahim Tajly et Abdallah Azhar (à gauche) avec des fans du Raja de Casablanca (1969).

Cette défaite contre l’Espagne, le 23/11/1961, à Madrid, 3 à 2, sonna le glas des espérances de l’équipe du Maroc quant à sa qualification pour la Coupe du Monde 1962 au Chili….. Ce n’est pas pour autant que la formation espagnole se distingua lors de l’épreuve puisqu’elle fut éliminée, en phase de groupe (C), terminant 4ème et dernière (1 Brésil, 2 Tchécoslovaquie, 3 Mexique, 4 Espagne). Sur le document, Abdallah Azhar est appelé Zhar. Précision concernant le joueur désigné sous le nom de « Tatum ». En réalité, il s’agit de Brahim Zahar, professionnel dans divers clubs français, entre 1957 et 1966 (Racing Paris, Besançon, Alès, CA Paris, Bordeaux, Béziers et Bastia). Il doit son surnom de Tatum à sa grande ressemblance avec le « vrai » Tatum, basketteur vedette de la célèbre équipe des Harlem Globe Trotters !

Abdallah Azhar en haut sur la photo, le 2ème en partant de la droite. On remarquera qu’il fut, parfois, « crédité » du nom d’Abdallah Zhar…..

Equipe du Maroc (1961)

Debout, de gauche à droite : ABDELLAH ANTAKI (MALAGA), LARBI KHATTABI (WAC), MUSTAPHA BETTACHE (NIMES) , JDIDI (GRENADE) , AHMED TIBARI (RACING) , LABIED (MAS)
Accroupis, de gauche à droite : ABDELLAH AZHAR (REIMS) , HASSAN AKESBI (NIMES) , TATUM (RACING) , BELMAHJOUB (RACING) , RIAHI (LIEGE)

(Pour Tatum voir explication de ce surnom sur un document précédent) (Brahim Zahar, vrai nom).

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Une Réponse »

  1. Je remercie tout le club de reims et tous les club par où est passé mon.oncle et metci pour ce beau article émouvant et je vous remercie pour vos condoléances

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