Les Anciens du Stade de Reims

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Raymond Kopa son portrait …

Par vincent • 6 mar, 2017 • Catégorie: Ils nous ont quitté ...

Alain supporter de la grande époque du football rémois nous propose ce portrait de Raymond Kopa,

Je me souviens que Reims était venu jouer un match exhibition, en 1964 à Pau et j’avais eu le grand plaisir de lui parler (ainsi qu’à Piantoni qui reste mon idole) et de lui faire dédicacer quelques photos de mes deux cahiers consacrés aux « Rouge et Blanc ». Quel beau souvenir, si longtemps après… Et comble de bonheur, ce jour-là, Camille Cottin l’entraîneur m’avait invité à venir auprès des joueurs pendant la mi-temps, dans leur vestiaire ! J’ai eu quand même un grand privilège à cette occasion ! 52 ans après je n’ai absolument rien oublié de ces moments magiques (j’avais 18 ans).
Nous sommes tous bien tristes de sa disparition. Kopa était incomparable, inimitable et c’était aussi un homme simple et discret. Vendredi, radios et télés n’ont parlé que de lui, pratiquement. Michel Hidalgo que j’avais rencontré pour l’inauguration du stade René Vignal à Béziers, puis en septembre 2016 pour les 90 ans du « Français Volant », toujours à Béziers, m’avait dit que Raymond Kopa était très malade…
Aujourd’hui c’est un très grand Monsieur qui nous a quitté.
Alain

kopa

Kopa Raymond
Né le 13 octobre 1931 à Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais).
Décédé le  03 mars 2017 à Angers (Maine et Loire)
Attaquant polyvalent (ailier droit, milieu offensif droit ou avant-centre).
45 sélections de 1952 à 1962 (20 victoires, 7 nuls et 18 défaites), 18 buts marqués, 6 fois capitaine.

L’Histoire de France et celle du sport ont, par le plus grand des hasards, un point commun qui permet parfois à l’anecdote de côtoyer la réalité en nous proposant, comme un clin d’œil humoristique inattendu, dans la galerie des hommes célèbres, deux « Napoléon » ! Le militaire ajaccien, stratège hors pair surnommé « l’homme prédestiné » par Victor Hugo devint l’Empereur des Français tandis que Raymond Kopa « le Napoléon du football » doit cette élogieuse comparaison à l’enthousiasme débordant d’un journaliste anglais, Desmond Hackett, au lendemain de l’étonnante victoire des Bleus sur l’équipe d’Espagne, à Madrid (2-1) le 17 mars 1955. L’exceptionnelle prestation de l’ailier droit du Stade de Reims lors de cette rencontre fut saluée unanimement par les 125000 spectateurs du stade Chamartin et toute la presse internationale.
Fils d’émigrés polonais venus travailler en France entre les deux guerres, le jeune Kopaszewski n’eut pas une adolescence des plus faciles et passa trois longues années, lui le galibot, à pousser les wagonnets de charbon au fond de la mine. Mais le destin, pour aussi cruel qu’il soit, a parfois du bon : un accident, un jour d’octobre 1947 (l’index de la main gauche écrasé par un éboulement) va transformer complètement le cours de son existence : il ne retournera plus jamais à son dur travail de mineur de fond, comme son père François et son frère Henri et va consacrer toute son énergie et son talent au football. Brillant élément de l’Union sportive de Noeux-les-Mines, il enlève la coupe du Nord en 1948 et marque trois buts lors de la finale contre Auchel et un certain Jean Vincent. Camille Cottin l’entraîneur d’Angers présent au concours du jeune footballeur 1949 (Kopa terminera second derrière Jean Saupin) le repère et lui fait signer son premier contrat professionnel. En même temps il se permet une modification pour le moins étonnante de son identité : en le présentant à ses nouveaux dirigeants il déclare : « Ce ne sera plus Raymond Kopaszewski mais Raymond Kopa ! Cela sonne bien et se retient mieux ». Le 15 avril 1952 le Stade de Reims rencontre Angers en amical. Albert Batteux et Pierre Perchat chargé du recrutement pour le club champenois, se montrent suffisamment persuasifs pour convaincre le sociétaire du S.C.O. d’Angers de rejoindre le Stade de Reims.
A partir de cette date plus rien ne sera comme avant pour le jeune Raymond Kopa dont le statut de révélation va très vite se transformer en celui de vedette confirmée, tant sur le plan national qu’au niveau international. Des qualités techniques et morales bien au-dessus de la moyenne feront de lui un meneur de jeu hors du commun, indispensable à son club rémois et à l’équipe de France : sa vivacité, son courage, sa vision du jeu, son sens inné du démarquage et ses dribbles déroutants et inimitables forcent l’admiration de tous les observateurs ! Deux titres de champion de France avec Reims (1953 et 1955) et la finale de la première coupe d’Europe des clubs champions perdue contre le Real Madrid, 3-4 en 1956, attirent la convoitise des dirigeants madrilènes. Le 24 septembre 1956 il porte désormais le célèbre maillot blanc du Real, pour trois saisons. Aux côtés des stars de la formation du président Santiago Bernabeu, Di Stefano, Rial, Gento et autres Puskas, il va gagner trois trophées des clubs champions (1957, 1958 et 1959).
Avec le maillot tricolore il va contribuer grandement à l’éclosion de réels talents comme Léon Glovacki, René Bliard et surtout Just Fontaine l’inoubliable buteur de la belle aventure suédoise en 1958. Mais son épouse Christiane a le mal du pays et il revient en France en juillet 1959, à Reims avec qui il remporte deux nouveaux titres de champion, en 1960 et 1962, un autre de seconde division en 1966, avant de mettre un terme définitif à sa carrière de joueur à l’issue de la saison 1966-1967 à près de 36 ans.
Le 11 novembre 1962, à Colombes, contre la Hongrie en amical (défaite 2-3) il dispute son 45ème et dernier match avec l’équipe de France. Un différend l’oppose au sélectionneur Georges Verriest et il est définitivement évincé de l’équipe nationale. Des déclarations fracassantes dans l’hebdomadaire France-Dimanche, dénonçant le statut esclavagiste du joueur lui valent six mois de suspension par la Ligue nationale.
Son palmarès sportif est d’une grande richesse que ce soit sous les couleurs du Real Madrid (3 coupes d’Europe 1957, 1958, 1959, 2 titres de champion d’Espagne en 1957 et 1958, coupe Latine 1957) ou avec son club de toujours, Reims (4 fois champion de France en 1953, 1955, 1960 et 1962, coupe Latine 1953, vainqueur du Challenge des Champions en 1955, 1960 et 1966) et s’orne également de remarquables distinctions personnelles : Ballon d’or 1958, élu meilleur joueur de la coupe du monde 1958, prix du Président de l’UEFA 2010, Chevalier de la Légion d’Honneur en novembre 1970 et promu officier en 2008.
Homme d’affaires avisé et entreprenant Raymond Kopa a commercialisé sous son nom des sodas, des chaussures de foot, des articles de sport et des vêtements de loisirs (marque « Trévois International » qu’il dirigea quelques années). Il a même créé sa propre marque d’équipements sportifs du groupe Kopa qu’il a géré jusqu’à sa retraite en 1991.
Il a siégé aussi au Conseil fédéral (janvier à juillet 1969) et fut consultant sur différentes radios à l’occasion des coupes du monde 1978, 1982 et 1986. En 2008, il est nommé président d’honneur du Stade de Reims, ultime et juste reconnaissance de son attachement au club de son cœur.

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